15 avril 2026 – Stage dans le Vercors – Journée Pédagogique : Escalade au Scialet 9
Max – Lors de la journée pédagogique j’ai choisi le groupe Escalade souterraine. Je comptais consolider mes connaissances dans ce domaine afin d’être plus efficace lors des escalades qui nous attendent avec Tom.
Direction donc le Scialet 9 : une grotte glacée ou l’on peut descendre à -385m.
Mais notre escalade n’est pas si profonde : nous descendons les 2 puits d’entrée afin d’atteindre la première grande salle à env. -50m. La salle est très grande et nous sommes accueillis par un impressionnant cône de glace, présent une bonne partie de l’année dans la cavité.

Nous prenons le temps de faire le tour de la salle avant de se rendre devant le lieu du crime : au bout d’un couloir nous tombons face à une coulée de calcite d’environ 8m de haut. Au sommet, une petite lucarne noire au plafond incite à l’escalade afin de découvrir ce qui s’y cache.
J’entame donc l’escalade, assuré par un stagiaire (Raphaël), novice dans la discipline. Pas de technique révolutionnaire, Tom et moi avons les bonnes bases pour la suite. J’alterne entre escalade artificielle, aidé des pulses et escalade libre là où je le peux.
Arrivé à un premier palier, je me décale un peu à l’horizontal avant de continuer ma progression.
Il était temps que j’arrive : au moment où je passe la corde dans le dernier pulse, l’avant dernier (dans lequel j’étais encore longé) pète et sors de son petit trou…
Je prends un mini vol, pas méchant car ma corde dynamique étais passé dans le point du dessus, mais j’ai quand même un méchant doute : à ce moment, je suis pendu sur un seul pulse, l’avant dernier vient de sauter et le suivant est assez bas… étant presque arrivé au plafond, je prend la décision de m’engager dans la lucarne ou j’estime qu’au vu de l’espace je pourrais me bloquer complètement et éviter de chuter sur mon dernier pulse. Je passe la lucarne, excité comme une puce par cet évènement et je débouche alors sur une salle circulaire, d’environ 5m de diamètre. Une coulée de calcite est présente au centre de la salle et je repère directement une nouvelle tirée à escalader. J’installe donc une tête de puit propre, une main courante à travers un amarrage foré et dis à mes compagnons du jour de me rejoindre, après avoir installé une corde de spéléo.

Je ne me tourne pas les pouces : en les attendant, je purge la zone d’arrivée et je fais le tour de la colonne de calcite à l’arrière de laquelle je découvre…une étroiture ! Le courant d’air est aussi fort que mon envie de m’y faufiler !
A peine mes compagnons arrivés que nous fonçons vers le passage que j’ai repéré. Avant de découvrir la suite, il faudra passer 2 étroitures assez sévères… mais, poussé par l’excitation de la première, je me faufile, même si je dois quand même retirer le casque…
Je débouche dans un couloir où le courant d’air est toujours bien présent. Au bout de ce cheminement, je réalise une escalade en libre d’environ 2.50 m : je me coince dans une coulée de calcite pour déboucher dans une nouvelle salle humide.

Je crois deviner un petit passage étroit ou il me faudra me faufiler avec précaution entre de jolies concrétions mais je délaisse ce passage pour le moment et préfère m’engager à l’opposé ce passage et repère un couloir qui semble obstrué par une coulée de calcite.
Le dicton “Tant qu’on a pas le nez dans le mur, on ne sait pas si ça passe” ne s’est jamais révélé aussi vrai que ce jour-là : arrivé devant la coulée de calcite, je distingue un nouveau passage étroit à son sommet. Ni une, ni deux je m’y engage. L’étroiture est sévère mais ma détermination l’est encore plus. Je passe l’étroiture en me faufilant à l’horizontale et je débouche au sommet d’un ressaut de 2m. Devant moi je distingue le sol, le noir de cette nouvelle pièce, le courant d’air est moins présent mais l’echo qui me revient me laisse présager une belle surprise. Je me laisse glisser au sol et laisse éclater ma joie. Devant moi s’ouvre une salle d’environ 16m de long par 4m de large. Au centre de la pièce, l’eau est arrivée depuis une cheminée et a créé de belles colonnes et un tapis de concrétions assez fragile.

Je ne l’ai pas précisé mais pour le moment je suis toujours en solitaire car je suis le seul à avoir franchi la seconde étroiture.
Je rejoins donc le reste de la troupe et nous passons presque 1h à élargir le passage pour que tout le monde puisse profiter de la découverte.
Nous réussirons à agrandir les 2 premières étroitures mais pas la 3e qui mène à la grande salle.
Après avoir fait de nombreuses photos pour immortaliser la découverte, nous rebroussons chemin.

Raphaël entamera l’escalade suivante dans la pièce au sommet de la première lucarne mais il est déjà temps de reprendre le chemin de la surface.
Nous sortons pour retrouver le soleil, collusion d’une belle journée riche en émotions et découvertes !


