29 mars 2026 – Simon Simon et Lisa Lisa
Un récit sur notre visite du siphon terminal du Neuvon en ce dimanche ensolleillé (mais ça hein bon) du 29 mars 2026. En ce dimanche matin printanier, les fleurs s’ouvrent, les oiseaux chantent et les fourmis crauondent. Le jour idéal pour un fond du Neuvon ! Une première pour Lisa. Nous en profiterons pour relever les taux de CO2 sur l’ensemble de la cavité avec le détecteur du CDS21.
Le matin commence bien : changement d’heure oblige, avec mon réveil des années 2000 déréglé nous prenons une heure de retard cash. C’est donc à 8h30 et non 7h30 que nous arrivons au parking (!)

La suite est connue et rabâchée : pour aller au fond faut pas traîner ! Donc on file dans la grotte, on enchaine les galeries, les petits pas les grands pas, les ressauts toutskifaut. Au Putsch, une soif soudaine me prend la gorge et c’est avec une joie immense que j’inaugure la nouvelle carafe placée là par notre cher président-barman. Qu’importe le flacon pourvu qu’on ait des bras !

Nouvelle aventure dans les Prédateurs. Peu avant le Fakir, durant une escalade faite, refaite, archi-poncée par les spéléos, un bloc ENORME se décroche sous mes pieds. Heureusement Lisa ne me colle pas trop et le parpaing va finir sa course en contrebas. Il est vrai qu’en observant, on grimpe un amas de calcite fissuré sur du sable meuble… Pas incroyablement sécurisé. Nous faisons donc le choix d’emprunter la coulée voisine. Peut être songer à y mettre une corde dans un futur proche pour mieux indiquer cette voie.

Aussi je peste contre mon sac. Un ridicule kit de 15L mais quand même, les sacs en spéléo quel enfer ! Je m’imagine en prêtre fanatique devisant sur un paradis spélologique futur : « Eeeeet un jour les kits ne pèseront plus rien, les roches seront douces comme de la peau et la lumière innondera ces lieux ouiii mes amis je vous le diiiiis un nouvel âge approche ou l’on aura mal ni au cou ni aux genoux » etc etc
Et puis après c’est la confluence du Y, et commence pour Lisa la Terra Incognita. Avec une joie non dissimulée, nous filons à travers les dernières galeries, la Voie Royale est avalée tout crue, les Charognards sont toujours aussi sombres, ils collent au corps et au cerveau, dans l’eau et la boue, au froid, loin, si loin du monde, de la chaleur, de la surface….

Et puis enfin, la baignoire terminale, et d’un coup d’un seul ce siphon émeraude tant convoité. On reste moins d’une demi heure au fond, de toute façon difficile de traîner longtemps ici.
Quand même c’est fou toute cette énergie déployée pour avoir le privilège de rester quelques minutes dans un bout du monde, ça rend les instants précieux, poétiques, intemporels… De beaux souvenirs quoi, enfin une fois qu’on aura oublié le froooooid !

Au retour on patouille on patauge, mais ça déroule, les galeries sont piétinées sans ménagement jusqu’à la base des puits. Les genoux craquent, les muscles crampent presque, mais on chavire pas après pas en chantonnant même souvent, et Lisa en profite même pour (ré)inventer des chants :
Debout, les damnés de sous terre
Debout, les forçats du boyau…
Le fond du Neuvon nous appelle
C’est le siphon de la fin !
Du Fakir, faisons table rase
Charognards, de boue, de boue S
Simon va ramper dans la glaise
Nous ne sommes rien, soyons fous !
C’est la lutte finale !!!
Bourrinons et demain
Siphon terminaaaaaal
Sera bientôt atteint
Et enfin les ressauts équipés, la base des puits, la corde, ce confortable filin qui nous re-transforme en araignées. À la toute base des puits, je glisse à Lisa : « Tu sais, si tu veux le faire en moins de douze heures, c’est encore possible » « Nooon ?! » Et la voilà partie dans une ultime remontée vers l’air pur, le sourire aux lèvres, avec l’énergie de clore cette très belle course dans la joie et l’exaltation. – Simon Simon
Nos chronos, ainsi que les relevés de CO2 :


