Ou : le plafond supérieur du méandre du Y
Aveeeeec :
- Simon Simon
- Isa the Caving Queen
- Alphonse 60 le méga-sherpa rouge
- Jean Mouloud 35, kit bleu survolté avec ses 8 batteries
- Jean Pierre 65, jeune kit d’entrée dynamique
Quelque part en janvier 2026, au téléphone :
Simon : « Salut Isa, ça va ? tu vas bien ? Tu fais quoi en ce moment ? »
Isa : « Oh ben ça et puis ci et puis un peu de ça. Et puis tu sais machin qu’a fait ça, et bien figure-toi que du coup machine et ben elle voit truc et puis que truc il a fait chose, et du coup bidule du club ne va plus à bazar, enfin… Moi sinon je vais faire ça et j’aimerai faire ça aussi, et puis on pourrait retourner au Y visiter le plafond supérieur dans lequel vous étiez aller mettre une tête avec Eliott y’a 5 ans. »
Simon : « Naaaan machin à fait ça ? C’est toujours pareil truc ne changera jamais. Aussi le w.e du 14-15 Mars jsuis dispo, ptite neuvonture dans ce plafond ? »
Isa : « Je prends ! »

Rendez-vous en ce samedi 14 Mars 2026 pour une nouvelle exploration dans la branche du Y du Neuvon. La cavité a été équipée par Isa, le matin Sylvain nous dépose en camion devant le pré… C’est un début d’explo facile et reposant ! Nos kits pèsent un âne mort (qui n’a pas déjà porté un âne mort non mais franchement), avec des poids avoisinant les 15 kg par sac… Comme d’hab, on trimballe beaucoup de feraille, de dyneemas, un perfo et surtout huit (HUIT !) batteries parce qu’on sait qu’on va devoir poser d’la corde. C’est moi qui me farcis l’enclume aux 8 batteries dans un bidon au cul du sac (faut faire doucement avec les tis’ culs me conseille ma binôme !) tandis que la caving queen se bourre le maxi-sherpa 60L avec perfo et nourriture.

On en croise du monde dans cette grotte, y compris des présidents de club fontainiers et leur ami moustachu ainsi que des pommarois fakiro-hésitants. On arrive dans le Y sur le coups des 16h, c’est tard mais c’est ainsi. On monte au plafond, équipons une première corde. Nous voici donc à l’assaut du Y par ses plafonds, y’a pas à dire on l’aura poncé ce Y, à la recherche d’une suite à cette confluence… La zone d’exploration commence dans le méandre, vers la fin, on monte dans les plafonds et on évolue dans une galerie sèche et argileuse.
On monte plein nord jusqu’à une étroiture, que l’on passe, puis une deuxième plus demandeuse sur les bras. Je la franchis seul, et me balade dans la suite de ces plafonds. Eliott était déjà passé par ici 5 ans auparavant… Je suis ses traces, puis je les quitte pour rentrer en terrain vierge… Je surplombe par endroit via des lucarnes le cheminement au sol, quinze mètres plus bas, puis je m’arrête net sur l’actuel terminus topographié du Y que je connais bien puisque nous y avions bivouaqué (!). Je le surplombe depuis des blocs glaiseux… C’est un terminus pour cette explo !


Retour vers Isa… Sentiment ambigü de frustration et de finitude, on a bien trouvé quelque chose mais qui boucle sur du connu… Ces plafonds ne sont donc pas une galerie annexe, mais suivent bien le méandre actif du Y. Au retour, Isa, armée d’un téléphone LIDAR (la classe !) topographie aux alentours de 190m de galeries dans ces plafonds.

Isa – TOPO : À l’amont, à partir de l’étroiture, la galerie qui était alors sur un axe nord/ sud part à l’est pour rejoindre le terminus connu du Y. Au sud : elle se poursuit dans le même axe mais le terrain devenant particulièrement “ouvert” sur le bas du méandre (talus d’argile qui ne demande qu’à glisser au fond), il faudrait sécuriser avec des mains courantes pour continuer, on abandonne donc là l’explo puisqu’on se dirige vers la confluence. Orientation à la boussole / topo au Lidar Iphone (le laser-mètre m’a lâchée là-haut dès le début, il ne me restait que la solution Lidar, dommage…) Le lidar a plutôt bien fonctionné à l’amont mais plus problématique à l’aval dû à la difficulté de progression : je pense qu’il y a de potentielles erreurs sur cette partie, j’irai vérifier à l’occasion. En attendant ces vérifications, je ne publie pas le tronçon aval de topo. Bilan : je pense sincèrement qu’il faut qu’on se procure un disto (ou un laser-mètre plus fiable ou de secours) !!

Simon – Comme attendu on descend de là-haut tard, vers 21h… On est sale à en faire pâlir un sanglier… On se lave à grande eau une heure durant (faut pas pourrir les concrétions du Y !!!) ce qui a pour conséquence de nous toncher assez sérieusement. On retourne au sacro-saint bivouac du Fakir bien fatigués… On a hâte de se mettre au chaud, et en même temps, on est terrifiés par l’idée d’avoir à se rhabiller demain… On est trempés ça va être le supplice !!!

Dimanche matin on se lève vers 8h, on prends le temps, pas pressés et moins valeureux les explorateurs depuis qu’ils ont un duvet sec…. C’est sous un torrent, un flot, une crue dantesque et incontrôlable de jurons que s’effectue le changement de vêtements et donc le retour dans des combis détrempées. Au retour vu qu’il nous reste des batteries pleines on change l’équipement de la Cascade à cause que la corde en fixe se tonche régulièrement dû à un frottement, donc faut trouver une solution « spéléosacàpatateproof », ce que nous nous faisons 2 heures durant.

ET ENFIN LES PUITS, LA CORDE, LA SORTIE. Je laisse les mots de la fin à Georges Marry, un des découvreurs du Berger : « Quelle est la force mystérieuse qui les guide, les attire vers ces fonds de la terre aux limites toujours repoussées ? Peut-être inconsciemment chacun y recherche-t-il la réalisation d’un rêve – ou la réponse à de secrètes espérances. Est-ce une quête vers l’inconnu ? La recherche d’une autre suite ? Ou une fuite, pour oublier ? .. Pour oublier quoi ? C’est peut-être vouloir se surpasser. Se justifier. Se découvrir. Se retrouver seul – ou soi-même. C’est trouver une amitié. Le silence. Une force nouvelle. La chaleur d’une flamme. C’est risquer sa vie. Pourquoi ? Pour qui ? Pour rien. Pour les autres. C’est gagner la liberté. Sa liberté. C’est être libre, dans une immense prison dont on est « presque » sûr de pouvoir s’évader quand on le voudra. C’est jouer avec avec la mort – la vaincre ou la perdre. C’est retrouver le soleil, les arbres, la vie, l’amour… » Georges Marry 1973 Voila c’est tout pour cette fois, merci de m’avoir lu, et à bientôt pour de nouvelles neuvontures ! – Simon Simon

Et comme à chaque fois, on n ‘est pas sorti du pré de la Pérouse qu’on imagine déjà d’autres explos et qu’on a oublié l’horreur matinale d’enfiler les sous-combi mouillées alors qu’on parlait encore hier soir de ressortir nos bivouacs pour être sûrs de ne jamais avoir à nouveau l’idée de revenir explorer / bivouaquer ici !!! FADAS les spéléos ! – Isa
