18 février 2026 – Tom, Paulo, Lisa
Une sortie mémorable, probablement la plus drôle du séjour, la plus absurde aussi.
Partie 1 – Introduction : la grotte de qui ?
Nous décidons d’aller à l’aven du Barry, un trou que Paulo a fait il y a longtemps et qu’il dit très joli. On enkitte et décollage du Césame.
Premier moment drôle (sauf pour lui) : Paulo est malade en voiture, du genre très malade, du genre traversée de l’Atlantique sur une coque de noix en pleine tempête… À l’entrée du chemin non goudronné, rien ne va plus : “Je descends, je vous rejoins à pied.” Le pauvre…
On arrive finalement sur un petit parking déjà occupé par des véhicules de BE. Il fait beau, on est pas pressé, notre petit trio est en phase : on se pose au soleil, on grignote un bout. On regarde la topo.
Et là, surprise. Sur Grottomap, sur une seule et même fiche, je trouve… deux topos. C’est moi qui déconne ou quoi ? J’ai l’impression que ce n’est pas la même grotte !
Après examen approfondi il y a bien deux cavités : l’aven du Barry… et la grotte du Barry… L’une commence par un P12, l’autre par une longue partie sans corde qui débouche sur des P30 parallèles… Mais où sommes-nous ? Où allons-nous ? Qui sommes-nous ? Est-ce que c’est toi, John Wayne ? Fou rire, cette sortie commence à être vraiment marrante.
12h24, j’écris aux autres : “Ou sinon on va trouver une grotte au hasard et on verra bien… C’est l’équipe “presque ça”, c’est hilarant”
12h30, Tom déclare : “Je crois que j’ai jamais fait une sortie autant à l’arrache”
C’est alors que les BE débarquent avec leurs clients, de retour du Barry (mais lequel ???) Les garçons discutent avec eux, et finalement, le fait d’avoir tardé sur le parking est une bénédiction car sinon nous n’aurions pas croisé ce groupe.
L’un des encadrants nous suggère alors : “Vous ne voulez pas plutôt faire la Licorne ? C’est vraiment chouette et c’est juste là !” Coïncidence, Sylvain nous a parlé de la Licorne la veille, mais on n’a jamais trouvé la topo alors on a abandonné le projet. Va pour la Licorne, alors !
Effectivement, le trou est à cinq minutes du parking. Par contre, la topo annonce une grotte immense. A tout moment, ça part en sortie de 10 heures…
12h48, on entre enfin dans la Licorne, pour une aventure à durée indéterminée. Au moins on a trouvé l’entrée. “C’est déjà une petite victoire”, commente Paulo.

Partie 2 – Visite : la Licorne, le Léopard et Tom chevauchant des concrétions
J’étais censée équiper mais Paulo, en bon cadre toxique, a décidé de prendre les devants pour que ça file droit et parce qu’on a déjà bien assez traîné (je rigole, il est super et très bienveillant en vrai).
Paulo s’enquille donc dans le genre de gros boyau d’entrée, sans corde… et se retrouve immédiatement en fâcheuse posture : y’a un trou ! Tom lui passe une corde et on descend dans une première salle dite “de la Licorne”. Un petit puits en balcon nous emmène dans la salle des Pavés. Lorsque Tom descend, pouf ! Un point foré saute. Pas de mal : la dyneema installée en butée par un nœud de pêcheur est passée à travers le trou, le diamètre était trop large. Je modifie et on continue.
On arrive à l’escalade “du Pal”, une coulée de calcite en balcon avec un vide d’environ 4 mètres sous nous. Pas tomber ! Paulo y va, assuré par un barreau de via ferrata et par Tom, lui-même juché à califourchon sur des concrétions. Baroque.

Direct ensuite, une lucarne remontante très amusante à passer nous mène à la salle concrétionnée dite “du Léopard” (on le cherche encore !)




Puis une corde en fixe permet une E15 jusqu’à “l’étroiture soufflante”, encore un peu de corde, ça redescend sur une grosse coulée de calcite, et enfin la récompense : la salle des Grandes Colonnes !

On n’est pas très loin de l’entrée dans l’absolu, mais toutes ces manips de corde nous ont pris du temps et j’arrive ici avec la sensation que cette salle s’est méritée. Je suis heureuse ! Les colonnes sont, de fait, très grandes et larges. Une douzaine de mètres, je dirais. C’est impressionnant, c’est beau, les plafonds sont hauts. Une vraie grotte, de la vraie spéléo, c’est chouette.
La suite se situe au niveau des “Trois étroitures” – un nom alléchant ! Mais pour y accéder, il y a une E4… et là, c’est la douche froide : on aperçoit bien la corde en fixe, tout là-haut… mais pas de brin qui descend jusqu’à nous ! Mais qui sont ces cons qui ont remonté la corde ??? Pourquoi ? Quels sont leurs projets et leurs réseaux ?
Si ça ne tenait qu’à moi, j’aurais fait demi-tour là (la visite me suffit) mais Tom et Paulo ne sont pas de cette espèce. La suite sera à l’image de cette sortie : grottesque.
Partie 3 – Le lasso de pédales et une escalade scabreuse
Nous élaborons une stratégie pour récupérer le brin de corde qui semble coincé plus haut : on forme un chapelet avec nos trois pédales et on essaie de crocheter la corde avec. Après deux ou trois essais, on rajoute un caillou en guise de grappin. Ca fonctionne ! La ganse est crochetée… Mais, horreur ! Ça ne vient pas ! On a beau tirer dessus, le brin semble vraiment attaché et pas seulement coincé en haut. Deux options s’imposent : partir… ou tenter l’escalade en libre. C’est Paulo qui s’y colle, dans un mouv héroïque.
Armé de nos trois pédales et de deux paires de longes, il remonte en artif l’E4, avec des acrobaties qui me font franchement suer… Ça me stresse, moi ! Mais bon, l’animal a l’air de savoir ce qu’il fait. Puis comme dirait Elliot : “If he dies, he dies…” Il ne die pas de toutes manières, il s’en sort très bien malgré quelques sueurs froides. À côté de moi, Tom a sombré dans un sommeil bref mais tellement profond qu’il ronfle : c’est drôle.
Arrivé en haut, Paulo s’enquille dans le boyau et constate que la corde a bien été rattachée plus haut ! What the fuck ? Il commence à bricoler pour aménager quelque chose de praticable. De là où nous sommes confortablement installés, la suite paraît bien moins plaisante : on entend “splouch splouch”, Paulo patauge dans de l’eau, ça a l’air délicieux. Après une quinzaine de minutes de tricot, victoire : la corde est déroulée jusqu’à nous ! Mais la motivation des troupes a pris un petit coup : j’ai froid et je me suis déchauffée. Tom est d’accord pour ressortir aussi. Paulo aurait voulu continuer, mais on décide tous de faire demi-tour (pas de regrets, il y reviendra quelques jours plus tard avec un de ses copains pour faire la quasi-intégrale de la Licorne).
Sur le retour, quelle n’est pas ma surprise en constatant qu’en fait, le chemin est très court ! On met à peine une demi-heure à ressortir. Je déséquipe. L’espèce de vire en balcon de “l’escalade du Pal” me déplaît, je ne suis pas à l’aise sur ce genre d’exercice mais ça se passe bien. En revanche, je prends énormément de fun sur les étroitures : je les trouve super ludiques, rigolotes à passer, bref, que du kiff.
Sortie de trou en très bonne forme, et après avoir beaucoup ri. Équipiers : au top. Moral : excellent.
Lisa







